Le Nombre 3 et la Tradition ésotérique

Publié le par logephenix66.over-blog.org

À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers

Sous les auspices du Suprême Conseil Indépendant du Rite Moderne

 

R.L. Phénix N° 1

 

 

 

Très Vénérable et vous tous mes Frères en vos grades et qualités.

 

« Le Nombre 3 et la Tradition ésotérique»

 

La Franc-Maçonnerie est une organisation initiatique et traditionnelle.

L’homme qui manifeste la volonté de devenir un initié, doit pour ressentir pleinement les effets de l’initiation maçonnique, satisfaire à mon sens trois critères :

 

Ø Être un « cherchant »

Ø Être un « homme de cœur »

Ø Avoir la foi en D.ieu

 

Car l’initiation est une expérience sensorielle, une expérience qui se « vit », qui ne se raconte pas. Un choc symbolique visant à déconstruire l’être ancien pour s’ouvrir à une révélation, de manière à permettre une évolution vers un stade supérieur de conscience.

 

L’initiation provoque sur l’être une réaffirmation, une précision sur la foi, comme définie dans l’épitre aux Hébreux de Paul, "la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas" (Hébreux 11 v.1).

 

La foi suscite l’envie d’une Union avec le Divin. Pour arriver à cette Union, l’initié, en tant qu’Apprenti, doit passer par un premier stade : la Connaissance et la conscience du Divin. Ou autrement dit, la perception des éléments qui au delà de toutes conceptions « humaines », atteste de l’existence d’une Unité Transcendante Principielle (Le « Grand Architecte de l’Univers ») .

 

La Tradition ésotérique

 

Frithjof Schuon (1907-1998) Métaphysicien, Maître spirituel et Artiste, dans son œuvre expose principalement ce qu'est l'ésotérisme pur par rapport aux religions qui sont par nature exotériques :

« Les religions sont comme des lanternes au verre coloré ; or une lanterne illumine un lieu obscur parce qu'elle est lumineuse et non parce qu'elle est rouge ou bleue ou jaune ou verte.

D'une part, la couleur transmet la lumière, mais d'autre part elle la falsifie ; s'il est vrai que sans telle lanterne colorée on ne verrait rien, il est tout aussi vrai que la visibilité ne s'identifie à aucune couleur. C'est ce dont tout ésotérisme, par définition, devrait avoir conscience, du moins en principe et dans la mesure où sa connaissance des faits le lui permet »[1] De l'Unité transcendante des Religions - Frithjof Schuon - Gallimard, 1948

 

La partie immergée de l’iceberg n’est pas visible, Il en est de même avec les religions révélées. L’exotérisme constitue la partie visible des religions révélées.

 

L’ésotérisme (partie immergée) a pour sujet, les fondements métaphysiques de toute religion révélée, fondements qui lui donnent puissance et légitimité.

Chaque religion a une tradition ésotérique qui lui est rattachée.

Le Christianisme, l’ésotérisme Templier ou Rose Croix, l’Islam, le Soufisme, le Judaïsme, la Kabbale.

 

Ces traditions ésotériques, transmettent un message identique, ce qui permet de les unifier dans la Tradition ésotérique fondement de la démarche maçonnique.

 

Le coté « fonctionnel » de l’exotérisme des religions révèle une ambiguïté.

Des notions comme celle de « Péché » dans la culture Judéo-chrétienne, la fixation de règles de vie dans les traditions Islamique et Juive, sont liées à la volonté qu’on eu les religions d’établir sur terre un ordre, dans le but ambitieux et compréhensible de réfréner autant que possible les soubresauts qui agitent l’humanité.

 

L’ésotérisme n’a pas cette fonction, il exprime l’existence d’un Ordre universel immanent et intemporel, qui se joue de l’espace/temps (Heure d’ouverture de fermeture ; forme et dimensions de la Loge), et le message délivré par l’ésotérisme bien qu’il soit perceptible par tous, n’est intelligible qu’aux initiés.

 

L’Unité Transcendante est aux fondements et légitime les phénomènes religieux, cependant l’affirmation du principe créateur révèle un caractère dangereux dans le fait qu’il peut être accaparé pour servir des intérêts particuliers (Guerres de religion), ce que explique les raisons du secret.

 

Ainsi la diffusion par l’écrit de certaines traditions ésotériques orale a été combattue par les religions :

Les rabbins n’ont pas accepté le Zohar, le livre de la Kabbale d’emblée parce que le message ésotérique pouvait être interprété de manière permissive. (Acceptation du Mal)

 

Le Nombre trois

 

Le Trois exprime également l’Ordre Universel

Nombre fondamental, conjonction du Un et du Deux

 

  • Un : Symbole de l’Être et aussi de la Révélation qui est la médiatrice pour élever l’homme par la connaissance à un niveau d’être et de conscience supérieurs. Il dit la primauté, l’exclusivité, l’excellence.
  • Deux : Symbolise le dualisme sur lequel repose toute dialectique, tout effort, tout combat, tout mouvement, tout progrès. Ce dualisme inhérent au monde dans lequel nous vivons, monde dont la Torah nous dit qu’il fut créé sous le signe de la lettre Beth, deuxième lettre de l’alphabet hébraïque.
  • Trois : Est universellement un nombre fondamental.

Pour les chrétiens c’est la perfection de l’Unité divine.

Parce que Le Trois reconstitue l’Union il prend la forme du triangle rencontré à plusieurs reprises. Le Trois est l’expression de D.ieu dans une forme révélée. La clé pour rassembler ce qui est épars, unir les contraires et dépasser les antagonismes.

Les trois Grand Lumières (Équerre/matière, Compas/Esprit, Livre de la sainte Loi/ D.ieu).

Le Pavé Mosaïque, l’Union du Noir et Blanc formant une entité nouvelle qui nous ramène à l’Unité Divine. Union et non pas fusion, car dans l’idée d’union chaque terme conserve son caractère propre, ainsi nous aurions une nouvelle entité qui serait le noir/blanc, et surtout pas un gris.

C’est par le trois que s’effectue, la déconstruction de l’être profane pour passer à l’état d’initié, le début d’un mouvement qui consiste à passer de la Matière à l’Esprit, de l’Équerre au Compas.

 

Cependant, il ne convient pas de compter arithmétiquement !

 

Le professeur:

Vous savez bien compter? Jusqu'à combien savez-vous compter ?

L'élève:

Je puis compter... à l'infini.

Le professeur:

Cela n'est pas possible, Mademoiselle.

L'élève:

Alors, mettons jusqu'à seize.

Le professeur:

Cela suffit. Il faut savoir se limiter. Comptez donc, s'il vous plaît, je vous en prie.

L'élève:

Un… deux… et puis après deux, il y a trois... quatre...

Le professeur:

Arrêtez-vous, Mademoiselle. Quel nombre est plus grand? Trois ou quatre?

L'élève:

Euh... trois ou quatre? Quel nombre est plus grand? Le plus grand de trois ou quatre? Dans quel sens le plus grand?

Le professeur:

Il y a des nombres plus petits et d'autres plus grands. Dans les nombres plus grands il y a plus d'unités que dans les petits...

L'élève:

... Que dans les petits nombres?

Le professeur:

A moins que les petits aient des unités plus petites. Si elles sont toutes petites, il se peut qu'il y ait plus d'unités dans les petits nombres que dans les grands... s'il s'agit d'autres unités...

L'élève:

Dans ce cas, les petits nombres peuvent être plus grands que les grands nombres?

Le professeur:

Laissons cela. Ça nous mènerait beaucoup trop loin: sachez seulement qu'il n'y a pas que des nombres... il y a aussi des grandeurs, des sommes, il y a des groupes, il y a des tas, des tas de choses telles que les prunes, les wagons, les oies, les pépins, etc. Supposons simplement, pour faciliter notre travail, que nous n'avons que des nombres égaux, les plus grands seront ceux qui auront le plus d'unités égales.

L'élève:

Celui qui en aura le plus sera le plus grand? Ah, je comprends, Monsieur, vous identifiez la qualité à la quantité.

Le professeur:

Cela est trop théorique, Mademoiselle, trop théorique. Vous n'avez pas à vous inquiéter de cela. Prenons notre exemple et raisonnons sur ce cas précis. Laissons pour plus tard les conclusions générales. Nous avons le nombre quatre et le nombre trois, avec chacun un nombre toujours égal d'unités; quel nombre sera le plus grand, le nombre plus petit ou le nombre plus grand?

L'élève:

Excusez-moi, Monsieur... Qu'entendez-vous par le nombre le plus grand? Est-ce celui qui est le moins petit que l'autre?

Le professeur:

C'est ça, Mademoiselle, parfait. Vous m'avez très bien compris.

L'élève:

Alors, c'est quatre.

Le professeur:

Qu'est-ce qu'il est, le quatre? Plus grand ou plus petit que trois?

L'élève:

Plus petit... non, plus grand.

Le professeur:

Excellente réponse. Combien d'unités avez-vous de trois à quatre?... ou de quatre à trois, si vous préférez?

L'élève:

Il n'y a pas d'unités, Monsieur, entre trois et quatre. Quatre vient tout de suite après trois ; il n'y a rien du tout entre trois et quatre

Le professeur:

Je me suis mal fait comprendre. C'est sans doute ma faute. Je n'ai pas été assez clair.

L'élève:

Non, Monsieur, la faute est la mienne.

Le professeur:

Tenez. Voici trois allumettes. En voici encore une, ça fait quatre. Regardez bien, vous en avez quatre, j'en retire une, combien vous en reste-t-il?

L'élève:

Cinq. Si trois et un font quatre, quatre et un font cinq.

Le professeur:

Ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça du tout. Vous avez toujours tendance à additionner. Mais il faut aussi soustraire. Il ne faut pas uniquement intégrer. Il faut aussi désintégrer. C'est ça la vie. C'est ça la philosophie. C'est ça la science. C'est ça le progrès, la civilisation.

Ionesco, La leçon.

 

La tradition ésotérique est le terreau de la Franc-Maçonnerie initiatique, l’expression de l’Unité Transcendante dont le nombre 3 est un témoin.

 

J’ai dit Très Vénérable

 

 

Victor CHELLI – 6 janvier 2009



[1] De l'Unité transcendante des Religions - Frithjof Schuon - Gallimard, 1948

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