La Loge

La Loge

 Le terme de Loge s’applique en Franc-maçonnerie à tout groupe de Franc-maçons qui ont décidé de se réunir pour « travailler » ensemble. Le nombre minimum requis pour pouvoir fonder une Loge est traditionnellement de sept Frères dont trois au moins ont le Grade de Maître.
La Loge et le Temple, dans lequel se réunissent les Franc-maçons, puisent à la source d’antiques rites de construction. La maison humaine primitive fut depuis la plus haute Antiquité une construction sacrée et en tant que telle, elle fit, à toutes les étapes de son édification, l’objet de rites précis. C’est ainsi que, suivant l’antique tradition, l’édification d’une habitation humaine ou divine exigeait une initiation. Et la réalisation de l’ouvrage obéissait à un rituel où chaque acte, chaque instrument et chaque matériau utilisé possédait un caractère sacré et une valeur symbolique.


Dès l’implantation du christianisme en Europe occidentale, les corporations de bâtisseurs — en partie générées par des maîtres d’œuvre venus de lointaine Arménie ou issues des antiques « Collegia » romains — qui avaient jusqu’alors construit des temples païens ou des monuments profanes, se mirent au service de l’Église. Et c’est de là que naquirent les chefs-d’œuvre de l’architecture sacrée romane et, plus tard, gothique du Moyen Age.
C’est également durant ce Moyen Age qu’apparaîtra le terme de « Franc-maçon », c’est-à-dire de maçon libre (libéré des taxes, corvées et redevances diverses), et celui de « Loge ». Cette Loge, constituée la plupart du temps d’une lourde bâche de toile grise tendue au-dessus du chantier, n’était autre que l’atelier où les ouvriers et les architectes se réunissaient pour élaborer l’ouvrage. C’est là que se transmettaient les notions initiatiques spéculatives, liées au travail de la construction envisagé comme tâche rituelle. On sait, par exemple, avec certitude que les ouvriers tailleurs de pierre et imagiers, qui travaillaient à l’édification de la cathédrale de Strasbourg en 1276, se réunissaient déjà dans des Loges, sous le nom de Franc-maçons.

Depuis la Renaissance, des membres qui ne sont pas du métier : bourgeois, nobles et savants, seront progressivement introduits dans ces Loges, principalement en Angleterre et en Écosse. Tant et si bien que vers la fin du 17e siècle en Angleterre, les non-professionnels étaient devenus très nombreux en Loge et l’on distinguait alors les gens du métier par le qualificatif de Maçons « anciens » et les non-professionnels par celui de Maçons « acceptés ». Le but principal des Loges opératives — la réunion des gens du métier — était devenu sans objet. L’ère des cathédrales était révolue… et la Maçonnerie « opérative » céda la place à la Maçonnerie « spéculative » telle qu’elle se pratique aujourd’hui.