Le Régius

Le Régius

 

 

Manuscrit Régius
(British Library, Regius <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /> 17 A 1)
traduction inédite d'Edmond MAZET <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

Ici commencent les statuts de l'art de géométrie selon Euclide.

 

Quiconque voudra bien lire et regarder
Pourra trouver dans un vieux livre

3 L'histoire de grands seigneurs et de grandes dames
Qui, certes, avaient beaucoup d'enfants,
Et n'avaient pas de revenus pour les entretenir

6 Ni en ville, ni aux champs, ni dans les bois.
Ils tinrent donc conseil ensemble
Pour l'amour de ces enfants, afin de décider

9 Comment ils pourraient au mieux mener leur vie
Sans grand inconfort, sans souci et sans lutte.
Ce qui les préoccupait le plus, c'était le sort des descendants

12 de ces enfants, après leur mort.
Ils envoyèrent alors chercher de grands clercs
Pour leur enseigner de bons métiers.

15 « Et nous les prions, pour l'amour de Notre Seigneur,
De donner à nos enfants un travail
Qui leur permette de gagner leur vie

18 De façon décente et honnête, en toute sécurité ».
C'est alors que, grâce à la bonne géométrie,
Cet honnête métier qu'est la bonne maçonnerie

21 Fut ainsi constitué et créé,
Et mis au point en commun par ces clercs.
Sur la prière de ces seigneurs, ils firent sur le modèle de la géométrie

24 Un art qu'ils nommèrent maçonnerie,
Entendant en faire le plus honnête des métiers,
Les enfants de ces seigneurs se mirent à l'étude

27 Pour apprendre de lui le métier de géométrie,
Et à les en instruire il appliqua tout son soin.
A la prière des pères, et des mères aussi,

30 Il les mit à cet honnête métier.
Celui qui apprenait le mieux, et faisait preuve d'honnêteté
Et surpassait ses compagnons par son zèle,

33 S'il leur devenait supérieur en cet art,
Devait être honoré plus que ses inférieurs.
Le nom de ce grand clerc était Euclide

36 Sa renommée s'est répandue au loin.
De plus, ce grand clerc ordonna
Que celui qui était le plus avancé

39 Devait instruire le moins doué
Pour le parfaire en cet art honnête.
Ainsi ils doivent s'instruire l'un l'autre

42 Et s'aimer tous comme frères et sœurs.
Il ordonna encore ceci :
Le plus avancé devait être appelé maître

45 Afin de l'honorer particulièrement
On devait ainsi l'appeler.
Mais jamais maçons ne devraient,

48 Unis qu'ils sont dans le métier,
S'appeler entre eux sujets ou serviteurs, mes chers frères,
Même si l'un est moins avancé que l'autre.

51 Ils doivent s'appeler l'un l'autre, amicalement, compagnons,
Car ils sont nés de nobles dames.
Voilà comment, grâce à la bonne science de géométrie,

54 Naquit d'abord le métier de maçonnerie
C'est ainsi que le clerc Euclide a fondé
Cet art de géométrie dans le pays d'Egypte.

57 Dans toute l'Egypte il l'enseigna,
Et en divers pays, de tous côtés.
De nombreuses années passèrent, à ce que je comprends,

60 Avant que le métier arrive dans notre pays.
Ce métier arriva en Angleterre, je vous le dis,
Au temps du bon roi Athelstan.

63 Il fit construire des manoirs et des demeures,
Et des temples élevés, de grand renom,
Les uns pour se divertir, de jour comme de nuit,

66 Les autres pour honorer son Dieu de toutes ses forces.
Ce bon seigneur aima beaucoup notre métier,
Et voulut le consolider dans toutes ses parties,

69 En raison de divers défauts qu'il y avait trouvés.
Il fit convoquer, par tout le pays,
Tous les maçons du métier,

72 Leur ordonnant de venir à lui sans délai
Pour corriger tous ces défauts
Par bon conseil, s'il se pouvait.

75 Il put alors réunir une assemblée
Comprenant des seigneurs de divers rangs
Ducs, comtes, barons aussi,

78 Des chevaliers, des écuyers et bien d'autres,
Et aussi de grands bourgeois de la ville
Tous étaient là, chacun à son rang,
81 Et ils siégèrent sans désemparer
Pour fixer un statut à ces maçons.
Là, ils s'ingénièrent à trouver

84 Comment ils pourraient gouverner le métier.
Leurs recherches produisirent quinze articles
Et ils élaborèrent quinze points.

 

Ici commence l'article premier.

87 Premier article de cette géométrie
On doit pouvoir se fier au maître maçon
Comme à un homme ferme, loyal et véridique

90 Jamais il ne s'en trouvera mal.
Tu dois payer tes compagnons selon le cours
Des subsistances, sache le bien,

93 Et donner, loyalement et de bonne foi,
A chacun d'eux ce qu'il mérite.
Mais ne prends pas plus pour leur salaire

96 Que le prix du travail qu'ils peuvent faire.
Et garde toi, par affection ou par crainte,
De te laisser corrompre d'un côté ou de l'autre.

99 De qui que ce soit, seigneur ou compagnon,
Ne touche d'argent en aucune manière,
Et tel un juge tiens toi intègre,

102 De manière à faire à chacun son droit. Reste fidèle à ce précepte où que tu ailles :
Pour ton honneur, pour ton profit, c'est lé mieux.

 

Article second.

105 Voici le second article de la bonne maçonnerie
Soyez y spécialement attentif.
Tout maître, qui est maçon,

108 Doit assister à l'assemblée générale ;
C’est pourquoi il faut lui faire connaître en temps utile Le lieu où elle doit se tenir ;

111 A cette assemblée il doit absolument se rendre,
A moins qu'il n'ait une excuse raisonnable.
S'il y manque il désobéit au métier,

114 Ou s'abandonne à la déloyauté,
A moins qu'il ne soit gravement malade,
Au point ne pouvoir venir se joindre aux autres.

117 C'est là une excuse bonne et valable,
Si elle est sincère, aux yeux de l'assemblée.

 

Article troisième

L'article trois est, en vérité,

120 Que le maître ne doit pas prendre d'apprenti A moins d'être bien sûr qu'il restera Sept ans avec lui, je vous le dis,

123 Pour apprendre son métier de façon profitable. En un temps plus court il ne peut rien faire de bon Ni pour le seigneur, ni pour lui-même,

126 Comme vous pouvez le voir si vous y réfléchissez bien.

 

Article quatrième

Ceci sera l'article quatre

Le maître doit bien veiller

129 A ne pas prendre de serf comme apprenti,
Ni en embaucher pour en tirer profit
Car le seigneur à qui le serf est lié

132 Peut venir le chercher où qu'il aille.
Si un serf était pris dans la loge,
Un grand désordre pourrait en résulter,

135 Et les choses pourraient tourner de telle sorte Que quelques uns, sinon tous, en pâtissent, Car tous les maçons qui sont là

138 Se tiendront tous ensemble unis.
Si donc un serf faisait partie du métier, Attendez vous à bien des troubles.

141 Pour la paix donc, et pour l'honneur,
Prenez un apprenti de meilleure condition. Autrefois, d'après ce que je lis,

144 L’apprenti devait être de naissance noble;
C'est ainsi que quelquefois des fils de grands seigneurs
Ont pratiqué cette géométrie, ce qui est tout à son honneur.

Article cinquième

147 L’article cinq est excellent.
Il veut que l'apprenti soit de naissance légitime
Le maître s'abstiendra, quelque profit qu'il puisse en tirer,

150 De prendre un apprenti qui soit difforme;
Cela signifie, comme vous pouvez l'entendre,
Qu'il doit avoir tous ses membres intacts

153 Pour le métier ce serait grand honte
De prendre un bancal, un boiteux,
Car un taré, de par son sang,

156 Ne pourrait guère être utile au métier.
Ainsi, chacun de vous peut le voir,
Le métier veut un homme en pleine force;

159 Un estropié n'a pas de force,
On s'en rend compte aisément.

Article sixième

Ne perdez pas de vue l'article six

162 Le maître ne doit pas léser le seigneur
En lui prenant pour son apprenti
Autant que reçoivent ses compagnons.

165 Car eux sont parfaitement instruits dans le métier,
Ce que lui n'est pas, vous le voyez bien.
Il serait donc contraire à toute raison

168 De prendre pour son salaire autant que pour ses compagnons. Ce même article, dans ce cas,
Prescrit que l'apprenti reçoive moins

171 Que ses compagnons qui sont parfaitement instruits.
Mais sur bien des points, sache-le,
Le mettre peut instruire son apprenti de telle sorte

174 Que son salaire puisse augmenter rapidement,
Et avant que son stage touche à sa fin,
Son salaire peut s'améliorer considérablement.

 

Article septième

177 L’article sept que voici maintenant Vous fait bien savoir à tous Que nul maître, par faveur ou par crainte,

180 Ne doit vêtir ni nourrir un voleur. Aux voleurs jamais il ne donnera asile, Ni à celui qui a tué un homme,

183 Ni davantage à un individu de mauvaise réputation, Car cela déshonorerait le métier.

 

Article huitième

L’article huit que voici vous indique

186 Ce que le maître a droit de faire' S'il a un homme du métier Oui West pas aussi bon ouvrier qu'ü faudrait.

189 Il peut le remplacer sans délai, Et prendre à sa place un homme plus habile. Un tel homme, par sa négligence,

192 Ne peut que nuire au renom du métier.

 

Article neuvième

L’article neuf fait bien savoir
Que le maître doit être plein de science et d'autorité

195 Qu'il n'entreprenne aucun ouvrage
Qu'il ne puisse mener à terme et achever,
Cela tant dans l'intérêt du seigneur

198 Que dans celui de son métier, où qu'il aille.
Il doit asseoir les fondations de telle sorte
Qu'il ne se produise jamais fente ni fissure.

 

Article dixième

201 L'article dix vous fait connaître,
A tous, petits et grands dans le métier,
Qu'un mettre n'en doit jamais évincer un autre,

204 Mais que doivent vivre ensemble comme frères et sœurs,
Dans notre métier exigeant, tous ceux, tant qu'ils sont,
Qui travaillent sous l'autorité d'un maître maçon.

207 Il n’évincera donc pas un autre homme
De l'ouvrage dont il s'est chargé
La peine pour ce délit est forte :

210 Elle ne pèse pas moins de dix livres,
A moins toutefois qu'on ne trouve en faute
Celui qui avait d'abord pris l'ouvrage en mains.

213 Car nul homme en maçonnerie
N'en évincera un autre impunément,
Sauf si celui-ci travaille de telle sorte

216 Qu'il conduise l'ouvrage à la ruine ;
Dans ce cas un maçon peut demander à reprendre l’œuvre  Pour la sauver, dans l'intérêt du seigneur

219 Dans un tel cas, s'il vient à se présenter,
Aucun maçon ne s'opposera à sa requête.
En vérité, celui qui a commencé les fondations,

222 S'il est maçon habile et compétent,
A dans l'esprit tout ce qu'il faut
Pour mener  l’œuvre à bonne fin.

 

Article onzième

225 12article onze, je te le dis,
Est tout ensemble juste et franc
Car il enseigne, de toute sa force,

228 Que nul maçon ne doit travailler de nuit, Si ce n'est pour se livrer à des études
Par lesquelles il puisse se perfectionner.

 

Article douzième

231’article douze est une leçon d'honnêteté
Pour tout maçon, où qu'il se trouve.
Il s'abstiendra de dénigrer l'ouvrage de ses compagnons

234 S'il tient à sa propre réputation ;
Qu'il en fasse un éloge équitable
Grâce au savoir que Dieu t'a donné

237 Mais contribue de tout ton pouvoir à l'améliorer
En aidant ton compagnon sans arriëre-pensée.

 

Article treizième

L'article treize - Dieu me garde

240 Veut que, si le maître a un apprenti,
Il doit lui donner un enseignement complet,
En lui faisant connaître les points mesurables,

243 De telle sorte qu'il connaisse bien le métier
Où qu'il aille sous le soleil.

 

Article quatorzième

L'article quatorze montre, en toute raison,

246 Comment le maître doit agir :
B ne prendra point d'apprenti
A moins d'avoir assez de tâches diverses à lui confier

249 Pour que dans le cours de son stage
Il puisse acquérir de lui un large éventail de connaissances.

 

Article quinzième

L'article quinze clôt la liste,

152 Il est un ami pour le maître
Il lui enseigne qu'envers aucun homme
Il ne doit se conduire avec fausseté ,

255 Il ne doit pas laisser ces compagnons dans leurs fautes Quelque avantage qu'il puisse en retirer,
Ni souffrir qu'ils fassent de faux serments,

258 Car il doit avoir souci de leurs âmes ;
S'il y manquait il déshonorerait le métier
Et s'exposerait lui-même à un blâme sévère.

 

Statuts complémentaires

261 De plus furent adoptés dans cette assemblée
De grands seigneurs et aussi de maîtres, des points Stipulant que celui qui veut connaître ce métier et en embrasser l’état

264 Doit aimer sans cesse Dieu et la sainte Eglise, Et aussi le maître avec qui il est
Où qu'il aille, par champs et bois

267 Et tu dois aussi aimer tes compagnons,
Ainsi le veut ce métier qui est le tien.

Second point

Le second point, je vous le dis,

270 Veut que le maçon, les jours ouvrables, Travaille aussi consciencieusement qu'il peut
Afin de mériter son salaire pour le jour de congé,

273 Et il doit s'appliquer consciencieusement à son ouvrage
Pour bien mériter sa rétribution.

Troisième point

Le troisième point s'applique rigoureusement

276 A l'apprenti, sache-le bien.
Il doit garder et cacher les délibérations de son maître Et de ses compagnons, avec droiture ;

279 Il ne rapportera à personne les secrets de la chambre Ni rien de ce qu'ils font dans la loge.
Quoi que tu puisses leur entendre dire où les voir faire,

282 Ne le dis à personne, où que tu ailles.
Les propos de la salle ou même de la tonnelle,
Mets ton point d'honneur à les bien garder,

285 Sans quoi tu t'exposerais au blâme
Et ferais le déshonneur du métier.

Quatrième point

Le quatrième point nous enseigne aussi

288 Que nul ne doit être infidèle au métier
Il ne doit entretenir aucune erreur
Contre le métier, mais la bannir ;

291 Et il ne doit causer aucun préjudice
A son maître ni à ses compagnons ;
Et bien que l'apprenti soit sous la crainte

294 Il n'en est pas moins soumis à la même loi.

Cinquième point

Le cinquième point est sans équivoque
Quand le maçon reçoit du maître

297 La paye qui lui est attribuée,
Il doit la recevoir en toute soumission
Cependant il est juste que le maître

300 L'avertisse dans les formes avant midi,
S'il n'a plus l'intention de l'employer
Comme il le faisait auparavant;

303 Il ne peut récriminer contre cet ordre,
C'est dans son intérêt s'il y réfléchit bien.

Sixième point

Le sixième point doit être bien connu

306 De tous, quel que soit leur rang
Il peut arriver, bien souvent,
Qu'entre quelques maçons, sinon tous,

309 Par envie ou haine mortelle
S'élèvent de grandes querelles
Alors, le maçon doit, s'il le peut

312 Convoquer les deux parties un jour fixé
Mais cette entrevue de réconciliation ne se fera pas Avant la fin de la journée de travail ;

315 Les jours de congé vous devez bien pouvoir trouver Assez de loisir pour y placer cette entrevue,
De peur qu'en la plaçant un jour ouvrable

318 Leur travail ne soit compromis par leur différend Amenez-les à conclure leur affaire
De manière à rentrer dans la loi de Dieu.

Septième point

321 Le septième point dit peut-être bien Comment obtenir de Dieu longue vie Ainsi qu'il le prescrit bien clairement,

324 Tu ne dois pas coucher avec la femme de ton maître, Ni de ton compagnon, en aucune manière, Sous peine d'encourir le mépris du métier ;

327 Ni avec la concubine de ton compagnon, Pas plus que tu ne voudrais qu'il couche avec la tienne. La peine de ce délit, qu'on le sache bien,

330 Est de rester apprenti sept années complètes Celui qui manque à l'une de ces prescriptions, C'est ainsi qu'il doit être châtié ;

333 De grands désordres pourraient naître De cet ignoble péché mortel.

Huitième point

Le huitième point est bien assuré

336 Si tu as reçu une responsabilité, Reste fidèlement soumis à ton mettre, Jamais tu ne t'en trouveras mal ;

339 Il faut que tu sois un intermédiaire fidèle Entre ton maître et tes compagnons libres Agis loyalement, autant que tu peux,

342 Vis-à-vis des deux parties, car c'est justice.

Neuvième point

Le neuvième point s'adresse à celui
Qui est l'intendant de notre salle ;

345 Si vous vous trouvez en chambre ensemble,
Servez-vous l'un l'autre, dans la gaieté et la tempérance Gentils compagnons, sachez ceci :

348 Vous devez être intendants chacun à votre tour,
Sans aucun doute, semaine après semaine
Ainsi tous doivent être intendants

351 Pour se servir les uns les autres avec amour
Comme s'ils étaient frères et sœurs
Ce service, nul ne se permettra

354 De s'en décharger sur la bourse d'un autre,
Mais tous exerceront avec la même libéralité
Cette charge, comme il se doit ;

357 Veille à toujours payer régulièrement tout homme
A qui tu auras acheté des vivres,
Afin qu'on ne t'adresse aucune réclamation,

360 Ni à tes compagnons, à aucune titre
A qui que ce soit, homme ou femme,
Nous voulons que tu paies bien et honnêtement son dû

363 A ton compagnon tu rendras un compte exact
De toutes les dépenses que tu auras faites,
De peur de le mettre dans l'embarras

366 Et de t'exposer toi-même à un grand blâme.
Lui aussi doit tenir bon compte
De toutes les marchandises qu'il aura achetées;

369 Les dépenses que tu auras faites sur les biens de tes compagnons, Le lieu, les circonstances et la destination de chacune,
De tout cela tu dois pouvoir rendre compte

372 Chaque fois que tes compagnons te le demandent.

Dixième point

Le dixième point montre comment bien vivre
A l'abri des tracas et des querelles :

375 Si un maçon mène une vie dissolue,
S'il est malhonnête dans son travail,
Et s'il se cherche de mauvaises excuses

378 En diffamant injustement ses compagnons,
Il peut par de telles calomnies
Attirer la critique sur le métier.

381 S'il déshonore ainsi le métier,
Assurément vous ne devez lui montrer aucune indulgence, Ni l'aider à persévérer dans sa mauvaise conduite,

384 De peur qu'il en résulte tracas et querelles
Mais vous ne lui laisserez aucun répit
Jusqu'à ce que vous l'ayez contraint

387 A comparaître devant vous
Où vous voudrez de gré ou de force
Vous le convoquerez à la première assemblée,

390 Pour comparaître devant tous ses compagnons,
Et s'il refuse de se présenter devant eux,
Il faudra qu'il abjure le métier ;

393 C'est ainsi qu'il sera puni selon la loi
Qui fut établie dans - les temps anciens.

Onzième point

Le onzième point est bien pensé,

396 Comme la raison vous le montre Un maçon qui connaît bien son métier, Qui voit son compagnon tailler une pierre

399 Et juge qu'il est en passe de la gâter, Reprends la aussitôt, si tu le peux, Et montre-lui comment la reprendre

402 Pour ne pas gâcher l'œuvre  du seigneur Montre-lui avec douceur comment la reprendre Avec les bonnes paroles que Dieu t'inspirera

405 Pour l'amour de celui qui siège là-haut, Avec des mots aimables nourris son amitié.

Douzième point

Le douzième point est d'une grande autorité.

408 Là où se tiendra l'assemblée,
Il y aura des maîtres, et aussi des compagnons,
Et d'autres, des grands seigneurs, -en grand nombre;

411 Il y aura le shérif de la province,
Et aussi le maire de la ville ;
Il y aura des chevaliers et des écuyers

414 Et aussi des échevins, vous le verrez ; Toutes les ordonnances qu'ils prendront là, Us s'accorderont pour les faire respecter

417 Contre tout homme, quel qu'il soit, Appartenant à ce métier noble et libre. S'il fait contre eux quelque rébellion,

420 Il sera arrêté et tenu sous leur garde.

Treizième point

Le treizième point requiert notre entière adhésion
Le maçon jurera de ne jamais voler

423 Et de ne jamais aider un voleur dans son industrie perverse Pour aucune part de son butin,
Sans égard - tu ne peux l'ignorer sans péché

426 Pour sa fortune ni pour sa parenté.

Quatorzième point

Le quatorzième point énonce une loi excellente
Pour celui qui sera sous la crainte :

429 Il doit prêter là un bon et sincère serment
A son maître et à ses compagnons qui sont là
Il doit être inébranlable dans sa fidélité

482 A toutes ces ordonnances, où qu'il aille,
Et à son seigneur lige le roi
Etre fidèle par dessus tout ,

435 Sur tous les points sus-mentionnés
il faut que tu sois assermenté ;
Et tous doivent prêter le même serinent

438 Des maçons, de gré ou de force,
Sur tous les points sus-mentionnés,
Ainsi que l'a prévu une tradition excellente.

441 Et ils doivent examiner chaque homme
Sur les règles le concernant, qu'il doit connaître de son iffleu Si un homme est reconnu coupable

444 Sur l'un de ces points en particulier,
Qu'on le recherche, quel qu'il soit,
Et qu'on l'amène devant l'assemblée.

Quinzième point

447 Le quinzième point est une tradition excellente
Pour ceux qui auront là prêté serment ;
C'est une ordonnance qui fut arrêtée par l'assemblée

450 De grands seigneurs et de maîtres dont nous avons parlé Elle concerne ceux-là qui désobéiraient
A la présente constitution

453 Formée des articles qui y furent édictés
Par de grands seigneurs et des maçons réunis.
Si leurs fautes sont mises au jour,

456 En pleine lumière, devant l'assemblée,
Et s'ils ne veulent pas s'en corriger,
Il leur faudra alors abandonner le métier

459 Ainsi ils devront quitter le métier de maçon
Et jurer de ne plus jamais l'exercer.
A moins qu'ils n'acceptent de s'amender,

462 Ils n'auront plus part au métier ;
Et s'ils ne veulent pas se soumettre à ces prescriptions, Le shérif se saisira d'eux sans délai

465 Et les mettra dans un profond cachot
A cause de leur transgression ;
Il confisquera leurs biens et leur bétail,

468 En totalité, au profit du roi,
Et il les laissera en prison aussi longtemps
Qu'il plaira à notre seigneur lige le roi.

Autre disposition concernant l'art de géométrie

471 Ils décrétèrent qu'une assemblée se tiendrait
Une fois l'an, où l'on voudrait,
Pour corriger les fautes, s'il s'en trouvait,

474 Dans le métier, par tout le pays ;
Chaque année, ou tous les trois ans, elle se tiendrait
A tel endroit qu'il leur semblerait bon;

477 Il faut en arrêter la date et le lieu,
Et faire savoir où l'on s'assemblera.
Tous les hommes du métier doivent y assister,

480 Et d'autres, de grands seigneurs, comme vous voyez, Pour corriger les fautes qui y seront signalées,
Au cas où quelque point aurait été transgressé.

483 Là ils prêteront tous serment
Tous ceux qui ont reçu la tradition du métier
De respecter point par point ces statuts

486 Qui ont été établis par le roi Athelstan
c Ces statuts que j'ai ici trouvés,
Qu'ils soient observés par tout mon royaume,

489 Par respect pour le pouvoir royal
Qui s'attache à ma dignité».
Aussi, à chaque assemblée que vous tiendrez,

492 Ne craignez pas de vous adresser à votre seigneur le roi Pour solliciter de sa haute grâce
D'être avec vous en tout lieu,

495 Afin de confirmer les statuts du roi Athelstan
Qui les a établis pour notre métier avec juste raison.

L'art des quatre couronnés

Et maintenant prions Dieu tout-puissant

498 Et sa mère la radieuse Marie
De nous aider à garder ces articles
En même temps que ces points,

501 A l'exemple de ces quatre saints martyrs
Qui furent toujours tenus en grand honneur dans notre métier Ils étaient aussi bons maçons qu'on puisse en voir sur la terre,

504 Et ils étaient aussi sculpteurs et imagiers.
Comme ils étaient des ouvriers d'élite,
L'empereur les tenait en grande affection

507 Il voulut leur faire faire une statue
A laquelle on rendrait un culte en son honneur
En son temps il faisait faire de telles idoles

510 Pour détourner les gens de la loi du Christ.
Mais eux restèrent inébranlables dans la loi du Christ,
Et fidèles à leur métier, sans compromis ;

513 Ils aimaient comme il faut Dieu et tous ses commandements, Et s'étaient pour toujours voués à son service.
En ce temps-là ils furent des hommes de vérité,

516 Et vécurent droitement dans la loi de Dieu ;
Ils n'entendaient pas fabriquer des idoles,
Quelque profit qu'ils pussent en retirer,

519 Ni honorer une telle idole comme leur dieu
Ils n'y consentiraient pas, malgré sa colère,
Car ils ne voulaient pas renier leur vraie foi

522 Pour croire à sa fausse loi.
I.!empereur les fit arrêter sans délai
Et les mit dans un profond cachot

525 Plus cruellement il les y tourmentait,
Plus ils se réjouissaient dans la grâce du Christ.
Alors, quand il ne vit plus rien d'autre à faire,

528 L'empereur les fit mettre à mort ;
Si quelqu'un veut en savoir plus sur leur vie,
Il pourra trouver dans le livre

531 De la légende des saints
Les noms des quatre couronnés.
La date de leur fête est bien fixée

534 C'est l'octave de la Toussaint.
Entendez maintenant le récit que j'ai lu
Bien après que - chose effroyable

537 Le déluge de Noé eut déferlé,
On commença la tour de Babylone,
Le plus grossier ouvrage de pierre et de chaux

540 Que jamais homme ait, pu voir
Si longue et large on l'entreprit
Que sa hauteur cachait le soleil sur sept milles.

543 C'est le roi Nabuchodonosor qui la fit construire,
Comme un puissant ouvrage de défense pour les hommes Si un déluge semblable se produisait de nouveau,

546 Il ne pourrait submerger l'édifice ;
A cause de leur orgueil démesuré, de leur jactance,
Tout ce travail fut perdu ;

549 Un ange les frappa en divisant leurs langues
Si bien qu'ils ne se comprenaient plus les uns les autres. Bien des années plus tard, le bon clerc Euclide

552 Enseigna le métier de géométrie par toute la terre,
Et il enseigna aussi, en ce temps-là,
Une multitude de métiers divers.

555 Par la céleste grâce du Christ
Il institua les sept sciences :
Grammatica est, ma foi, la première

558 Dialectica, Dieu me bénisse, est la seconde
Rhetorica est, sans conteste, la troisième
Musica est, je vous le dis, la quatrième ;

561 Astronomia est, par ma barbe, la cinquième
Arsmetica, sans doute, est la sixième
Geometria, septième, clôt la liste

564 Etant ensemble humble et courtoise.
En vérité, Grammaire est la racine
Chacun s'instruit par la lecture ;

567 Mais la Science vaut plus qu'elle
Comme le fruit de l'arbre vaut plus que la racine
La Rhétorique rythme un langage soigné,

570 Et la Musique est un chant suave ;
L'Astronomie dénombre, mon cher frère
L'Arithmétique établit qu'une chose est égale à une autre

573 La Géométrie est la septième science,
Elle permet de discerner avec certitude le vrai du faux.
Ce sont là les sept sciences,

576 Qui s'en sert correctement peut gagner le ciel.

Maintenant, mes chers enfants, je fais appel à votre intelligence Pour que vous déposiez orgueil et concupiscence,

579 Et que vous vous appliquiez à bien juger
Et à vous bien conduire, où que vous alliez.
Je vous prie donc d'être bien attentifs,

582 Car il faut que vous sachiez ce qui suit,
Mais vous devez en savoir bien plus encore
Que ce que vous trouvez écrit ici.

585 Si Inintelligence te fait défaut pour cela,
Prie Dieu de t'en faire don ;
Le Christ lui-même nous l'enseigne,

588 La sainte église est la maison de Dieu,
Elle n'est faite pour rien d'autre
Que pour y prier, comme nous le dit l'Ecriture

591 C'est là que le peuple doit se rassembler
Pour prier et pleurer sur ses péchés.
Veille à ne pas arriver en retard à l'église

594 Pour avoir tenu des propos paillards à la porte
Quand tu es en route vers l'église,
Aie bien en tête, à tout instant,

597 Que tu dois adorer ton seigneur Dieu jour et nuit
De tout ton esprit et de toute ta force.
En arrivant à la porte de l'église,

600 Tu prendras un peu d'eau bénite,
Car chaque goutte qui touchera ta main
Effacera un péché véniel, sois-en sûr.

603 Mais d'abord tu dois ôter ton capuchon
Pour l'amour de celui qui est mort sur la croix.
Quand tu entreras dans l'église,

606 Tourne aussitôt ton cœur vers le Christ
Lève alors les yeux vers la croix.
Et agenouille toi bien à deux genoux

609 Prie-le alors de t'aider à œuvrer
Selon la loi de la Sainte Eglise,
A garder les dix commandements

612 Que Dieu donna à tous les hommes
Et prie-le encore, d'une voix humble,
De te garder des sept péchés,

615 Afin que tu puisses, dans ta vie,
Rester à l'abri des tracas et des querelles
Et que de plus il t'accorde la grâce

618 De trouver place dans la béatitude du ciel.
Dans la sainte église point de paroles futiles,
De propos graveleux, ni de plaisanteries ordurières

621 Laisse toute pensée frivole,
Et dis ton Pater Noster et ton Ave
Veille aussi à ne pas faire de bruit,

624 Mais à rester recueilli en prière ;
Si tu ne veux pas prier toi-même,
Ne gêne en rien la prière d'autrui.

627 En ce lieu ne te tiens ni assis, ni debout,
Mais à genoux par terre comme il convient,
Et quand je lirai l'Evangile,

630 Lève-toi bien droit, sans t'appuyer au mur,
Et signe toi, si tu sais le faire,
Quand on entonne gloria tibi

633 Quand l'Evangile est terminé,
Tu peux de nouveau t'agenouiller
Sur tes deux genoux tu tomberas

636 Pour l'amour de celui qui nous a tous rachetés
Et quand tu entends sonner la cloche
Qui annonce le saint mystère,

639 Vous devez vous agenouiller tous, jeunes et vieux, Et lever au ciel vos deux mains,
Et dire alors ce qui suit,

642 A voix basse, et sans faire de bruit
« Seigneur Jésus, sois le bienvenu,
Toi que je vois sous l'aspect du pain.

645 Désormais, Jésus, par ton sain nom,
Protège-moi du péché et de la honte
Accorde-moi l'absolution et la communion

648 Avant que je m'en aille d'ici,
Et un sincère repentir de mes fautes
Afin, Seigneur, que je ne meure pas dans le péché

651 0 toi qui est né d'une vierge Ne souffre pas que je sois perdu à jamais Mais quand je m'en irai de ce monde,

654 Accorde-moi la béatitude sans fin Amen ! Amen ! Ainsi soit-il ! Et vous, douce Dame, priez pour moi ».

657 Voilà ce que tu dois dire, ou des choses semblables, Quand tu t'agenouilles devant le saint mystère. Si tu cherches ton bien, n’épargne rien

660 Pour adorer Celui qui a tout créé Car c'est pour un homme un jour de joie Que celui où il a pu une fois Le voir

663 C'est une chose si précieuse, en vérité, Que nul ne peut en dire le prix Oui, cette vue fait tant de bien

666 - Saint Augustin le dit très justement Que, le jour où tu vois le corps 'de Dieu, TU es assuré des bienfaits que voici

669 Tu auras à manger et à boire à suffisance, Rien ce jour-là ne te fera défaut Les jurons et les vaines paroles

672 Dieu te les pardonnera
La mort subite, ce jour-là,
Tu n'as nullement à la craindre

675 Ce jour-là, je te promets aussi Que tu ne perdras pas la vue Et chaque pas que tu feras

678 Pour aller contempler cette sainte vision Sera compté en ta faveur
Quand tu en auras grand besoin

681 Ce messager qu'est l'ange Gabriel En tiendra pour toi le compte exact. Après cela, je puis me dispenser

684 De parler plus au long des bienfaits de la- messe Viens donc à l'église, si tu peux, Entendre la messe chaque jour;

687 Si tu ne peux pas venir à l'église, En quelque endroit que tu travailles, Quand tu entends sonner la messe,

690 Prie Dieu, dans le silence de ton cœur, De te donner part à ce service: Que l'on célèbre dans l'église.

693 Je vous enseignerai encore,
Et à vos compagnons, ce qui suit
Quand tu te présentes devant un seigneur

696 Dans un château, un appartement, ou à table,
Tu dois ôter capuchon ou chapeau
Avant d'être à côté de lui ;

699 Deux ou trois fois, sache-le bien,
Devant ce seigneur tu dois t'incliner
Tu fléchiras le genou droit,

702 C'est ainsi que tu te feras estimer.
Ne remets pas ton chapeau ou ton capuchon
Tant qu'on ne te l'aura pas dit.

705 Tout le temps que tu parleras avec lui,
Tiens-le menton haut d'un air courtois et aimable
Ainsi, comme ce livre te l'enseigne,

708 Regarde-le en face avec amabilité.
Tes pieds et tes mains, tiens les tranquilles,
Sans te gratter ni te dandiner;

711 Garde-toi aussi de cracher et de moucher,
Attends pour cela d'être seul.
Et si tu veux être avisé et discret,

714 Tu as grand besoin de bien te contrôler.
Lorsque tu entres dans la salle,
Parmi les gens bien nés, distingués et courtois,

717 N'affiche pas une trop haute opinion de toi-même,
Ni sur ta naissance, ni sur ton savoir ;
Abstiens-toi de t'asseoir ou de t'appuyer aux meubles,

720 C'est la marque d'une bonne et belle éducation.
Ne te laisse donc pas aller dans ton maintien,
En vérité, la bonne éducation tient lieu de bonne condition.

723 Quels que soient le père et la mère,
Noble est l'enfant qui agit noblement
En salle, en chambre, où que tu ailles,

726 Ce sont les bonnes manières qui font l'homme.
Fais attention au rang des personnes
Afin de les saluer dans l'ordre qui convient

729 Evite de les saluer toutes à la file
A moins de bien les connaître.
Lorsque tu es assis à table,

732 Mange avec élégance et bienséance
Veille d'abord à ce que tes mains soient propres,
A ce que ton couteau soit tranchant et bien aiguisé

735 Et ne te coupe du pain qu'à proportion
De la viande que tu as à manger.
Si tu est assis à côté d'un homme

738 D'un rang supérieur au tien,
Laisse-le se servir avant
De toucher toi-même au plat.

741 Ne pique pas le meilleur morceau,
Même s'il te fait grande envie
Evite de te salir les mains

744 Pour ne pas tacher ta serviette, c'est dégoûtant
Ne t'en sers pas non plus pour te moucher,
Et ne te cure pas les dents à table

747 Ne plonge pas trop tes lèvres dans ta coupe
Si grande envie que tu aies de boire
Cela te ferait larmoyer,

750 Ce qui serait inconvenant.
Veille à ne pas avoir la bouche pleine
Quand tu te mets à boire ou à parler.

753 Si tu vois un homme qui boit
Tout en écoutant tes propos,
Suspends aussitôt ton discours,

756 Qu'il boive du vin ou de la bière.
Veille à n’offenser aucun homme,
Si bien parti que tu le voies

759 Et ne médis de personne,
Si tu veux garder ton bon renom,
Car des mots pourraient t'échapper

762 Oui te mettraient dans une situation fort gênante De ta main fermée retiens ton poing
Pour ne pas avoir à dire : si j'avais su

765 Dans un salon, au milieu des belles dames,
Tiens ta langue et sois tout yeux
Garde-toi de rire aux éclats,

768 Comme de t'échapper en paillardises.
Ne badine qu'avec tes égales,
Et ne vas pas répéter tout ce que tu entends

771 Evite de publier tes propres actions
Par plaisanterie ou par intérêt ;
Par de beaux discours tu peux parvenir à tes fins

774 Mais tu peux par-là aussi te perdre.
Quand tu rencontres un homme de qualité,
Tu ne dois pas garder chapeau ou capuchon

777 A l'église, au marché, à la porte de ville, Salue-le comme il convient à son rang.
Si tu marches en compagnie d'un homme

780 D'un rang supérieur au tien,
Reste en retrait sur lui d'une épaule,
C'est la marque d'une éducation sans défaut;

783 Lorsqu'il parle, tiens-toi tranquille;
Quand il a fini, parle à ton gré,
Mais sois mesuré dans tes propos,

786 Et fais bien attention à ce que tu dis
Ne l'interromps pas dans son discours,
Qu'il en soit au vin ou à la bière.

789 Que le Christ donc, par sa grâce céleste,
Vous donne et l'esprit et le temps nécessaire Pour bien lire et comprendre ce livre,

792 Et obtenir le ciel en récompense.
Amen ! Amen ! Ainsi soit-il !
Dirons nous tous pour l'amour de Dieu.