Le sceau rompu 1745

Le sceau rompu 1745

 

APPRENTI

 

D Quel est le premier soin du Maçon ?

R. C'est de voir si la Loge est couverte.

D. D'ou venez-vous ?

R. De la Loge S. Jean.

D. Quel recommandation nous apportez-vous ?

R. Bon accueil aux Frères & Compagnons de cette Loge.

D. N'apportez-vous rien de plus ?

R. Le Vénérable Maître de la Loge S Jean vous salue par trois fois trois.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Vaincre mes passions, soumettre mes volontés, & faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.

D. Etes-vous Maçon ?

R. Mes Frères & Compagnons me reconnaissent pour tel.

D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon ?

R. A mes signes & mes marques, & au point parfait de mon entrée.

D. Quels sont les signes des Maçons ?

R. L'Equerre, le Niveau & la Perpendiculaire.

D. Quelles sont les marques ?

R. Certains attouchements réguliers que l'on se donne entre Frères.

D. Donnez-moi le point parfait de entrée.

R. Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second.

D. Je garde ?

R. Je cache.

D. Que cachez-vous ?

R. Les Signes des Maçons & de la Maçonnerie.

D. Où avez-vous été reçu Maçon ?

R. Dans une Loge juste & parfaite.

D. Qui compose cette Loge ?

R. 3, 5, & 7 ; savoir, un Maître Vénérable, 2 Surveillants, 2 Compagnons & 2 Apprentis.

D. Qui la forme ?

R. 5, qui sont un Vénérable Maître, 2 Surveillants, 1 Compagnons & 1 apprenti.

D. Qui la gouverne ?

R. 3, un Vénérable Maître & 2 Surveillants.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?

R. C'est que j'étais dans les ténèbres & je voulais voir la lumière .

D. Qui vous a examiné en Loge ?

R. Un Expert.

D. Dans quel état étiez-vous, quand vous avez subi cet examen ?

R. Ni nu ni vêtu, & cependant dans une posture décente.

D. Comment vous y a-t-il introduit ?

R. Par trois grands coups.

D. Que signifie ces trois grands coups ?

R. 3 Paroles de l'Ecriture Sainte : Frappez, on vous ouvrira ; Parlez, on vous répondra ; Demandez, on vous donnera.

D. Qu'avez-vous vu paraître après trois grands coups ?

R. Un second Surveillant.

D. Qu'a-t-il fait de vous ?

R. Il m'a fait faire le tour de la Loge par le Septentrion, & m'a remis à l'Occident entre les mains du premier Surveillant.

D. Que cherchiez-vous dans cette route ?

R. La lumière.

D. Que vous a fait faire le premier Surveillant ?

R. Il m'a fait mettre en bon Maçon les pieds en équerre, & m'a présenté au

Vénérable Maître par 3 pas.

D. Qu'est ce que le Maître a fait de vous ?

R. Avec le désir sincère que j'avais & le consentement de la Loge, il m'a reçu Maçon.

D. Comment vous a-t-il reçu Maçon ?

R. Avec toutes les formalités requises ; j'avais le genou droit nu sur l'équerre, la main droite sur la Bible, & de la main gauche un Compas encore en équerre sur la mamelle gauche qui était nu.

D. Que faisiez-vous dans cette posture ?

R. Je contractais un engagement de garder le Secret des Maçons & de la Maçonnerie.

D. Qu'avez-vous fait quand vous avez entré en Loge ?

R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

D. Qu'avez-vous vu quand vous avez été reçu Maçon ?

R. Trois grandes lumières.

D. Que signifient ces trois grandes lumières ?

R. Le Soleil, la Lune & le Maître de la Loge.

D. Pourquoi le Soleil ?

R. Comme le Soleil préside au jour, & la Lune à la nuit : ainsi le Maître gouverne le Loge.

D. Quels sont les devoirs du Maçon ?

R. De fuir le vice & de pratiquer la vertu.

D. Quels sont les secrets des Maçons ?

R. Des paroles, des attouchements & des signes sans nombre.

D. Quel est le principal point de la Maçonnerie ?

R. C'est d'être privé de tous métaux.

D. Pourquoi ?

R. C'est que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, on entendit aucun bruit causé par la hache ou d'autres outils composés d'aucun métal.

D. Comment a-t-on pu élever un si vaste & si solide Edifice, sans le secours d'aucun instrument construit de métaux ?

R. Hiram Roi de Tyr envoya à Salomon les cèdres du Liban tous taillés & prêts à poser ; & Salomon en fit faire autant dans les carrières des pierres dont il avait besoin pour son Temple.

D. Où était située votre Loge ?

R. Dans la vallée de Josaphat ou dans quelqu'endroit caché

D. Quelle forme avait-elle ?

R. Un quarré long.

D. Quelle longueur ?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. Quelle profondeur ?

R. De la surface de la terre au centre.

D. Quelle largeur ?

R. Des pieds, des toises & des coudées sans nombre.

D. Qui la couvrait ?

R. Un Dais céleste orné d'Etoiles.

D. Qui la soutenait ?

R. Trois grands piliers.

D. Comment les nommez-vous ?

R. Sagesse, force & beauté.

D. Pourquoi les nomme-t-on ainsi ?

R. Sagesse pour inventer, force pour soutenir, & beauté pour orner.

D. Avez-vous des Bijoux ?

R. Oui, Vénérable ; il sont au nombre de 6, savoir 3 mobiles & 3 immobiles.

D. Quels sont vos Bijoux mobiles ?

R. L'Equerre, le Niveau & la Ligne d'aplomb.

D. Et les Bijoux immobiles ?

R. La Planche à tracer, la Pierre cubique à pointe & la Pierre brute.

D. Quel est l'usage des mobiles ?

R. L'Equerre sert à donner la forme, le Niveau à mettre à l'uni, & la Ligne d'aplomb à élever des perpendiculaires sur les Bases.

D. Quel est l'usage des immobiles ?

R. La Planche à tracer sert au Maître pour faire ses Plans ; la Pierre cubique à pointe aux Compagnons, & la Pierre brute aux Apprentis.

D. A qui était dédié votre Loge ?

R. A S. Jean.

D. Pourquoi ?

R. C'est que du temps des Guerres Saintes dans la Palestine, les Chevaliers Maçons se réunirent aux Chevaliers de S. Jean de Jérusalem.

R. Oui Vénérable, trois ; le Pavé Mosaïque, l'Etoile flamboyante & la Houppe dentelée.

D. Quel était leur usage ?

R. Le Pavé Mosaïque couvrait le Temple ; l'Etoile flamboyante était au centre, & la Houppe dentelée bornait les extrémités.

D. Où gardez-vous le Secret des Maçons ?

R. Dans le coeur.

D. Y a-t-il une clef pour y entrer ?

R. Oui, Vénérable.

D. Où gardez-vous cette clef ?

R. Dans une Boëte en forme d'Arche, qui ne s'ouvre

& ne se ferme qu'avec des clefs d'ivoire.

D. De quel métal est cette clef ?

R. D'aucun : c'est une langue accoutumée aux bons rapports qui ne sait dire que du bien en l'absence comme en la présence des Frères. D. Avez-vous vu votre Maître aujourd'hui ?

R. Oui Vénérable.

D. Comment était-il habillé ?

R. Or & Azur.

D. Pendant quel temps le servez-vous ?

R. Depuis le Lundi matin jusqu'au Samedi au soir.

D. Comment le servez-vous ?

R. Avec zèle, ferveur & liberté.

D. Que doit observer un bon Maçon ?

R. Quatre choses : le Silence, le Secret, la Prudence,

& la Charité envers ses Frères.

D. Que doit-il fuir ?

R. La médisance, la calomnie & l'intempérance

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans.

R. De deux sortes ; savoir, les Maçons de Théorie & les Maçons de Pratique.

D. Qu'apprenez-vous en étant Maçon de Théorie ?

R. Une bonne morale ; à épurer nos moeurs & à nous rendre agréables à tout le monde.

D. Qu'est-ce qu'un Maçon de pratique ?

R. C'est l'Ouvrier tailleur de Pierres & qui élève des perpendiculaires sur leurs bases.

D. Aviez-vous des lumières fixes ?

R. Oui, Vénérable, au nombre de trois, dont une à l'Orient, une à l'Occident, & la troisième au midi.

D. Pourquoi point au Septentrion ?

R. C'est que les rayons du Soleil pénètrent faiblement vers cette partie.

D. A quoi servaient-elles ?

R. A éclairer ceux qui venaient à la Loge ; ceux qui y travaillaient & ceux qui s'en retournaient.

D. Où se tenait le Maître ?

R. A l'Orient : parce que le Soleil se lève à l'Orient pour ouvrir la barrière du jour ; le Maître se tient donc au même endroit pour éclairer & gouverner sa Loge, l'ouvrir & mettre les Ouvriers à l'oeuvre.

D. Où se tenaient les Compagnons ?

R. Au Midi, pour recevoir l'instruction & faire bon accueil aux Frères visiteurs.

D. Où se tenaient les Apprentis ?

R. Au Septentrion pour garder & renforcer la Loge.

D. Où se tenaient les Surveillants ?

R. A l'Occident. Comme le Soleil se couche à l'Occident pour fermer la barrière

du jour, les Surveillants se tiennent en cet endroit pour payer les Ouvriers, les renvoyer & fermer la Loge.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Au dessous de sept ans.

D. Quelle heure est-il ?

R. Douze heures sonnées.

 

COMPAGNON

 

D. Etes-vous Compagnon ?

R. Je le suis.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait Compagnon ?

R. Par rapport à la lettre G.

D. Que signifie cette lettre G ?

R. Géométrie ou la cinquième des Sciences.

D. Avez-vous travaillé ?

R. Oui, Vénérable, dans le Temple de Salomon.

D. Par où y êtes-vous entré ?

R. Par la porte de l'Occident.

D. Qu’avez-vous remarqué ?

R. Deux grands Piliers.

D. De quelle matière étaient-ils ?

R. De Bronze.

D. De quelle hauteur ?

R. De dix-huit coudées.

D. Quelle en était la circonférence ?

R. De douze coudées.

D. Et l'épaisseur ?

R. De quatre doigts.

D. Quels étaient leurs ornements ?

R. Deux Chapiteaux décorés de Lys, avec des pommes de Grenades.

D. Combien y en avait-il à chaque moulure ?

R. Cent & plus.

D. Avez-vous reçu des gages ?

R. Oui, Vénérable, dans la chambre du milieu.

D. Par où y êtes-vous parvenu ?

R. Par un escalier fait en forme de vis, qui se monte par 3, 5 & 7.

D. Pourquoi ?

R. C'est que trois Maçons gouvernent une Loge, cinq la forment, & 7 la rendent juste & parfaite.

D. Qui s'est opposé à votre entrée dans la chambre du milieu ?

R. Un Surveillant.

D. Qu'a t-il exigé de vous ?

R. Un signe, un attouchement & une parole.

D. Donnez-moi le signe d'apprentis. (on fait le signe d'Apprenti).

Donnez l'attouchement au second Surveillant. (on

donne l'attouchement).

D. Est-il juste mon Frère, (reprend le Vénérable) (le second Surveillant).

R. Oui Très Vénérable.

D. Donnez-moi la parole ?

R. Je l'épellerai avec vous ; donnez-moi la première lettre, je vous donnerai la seconde

D. I.

R. A.

D. K.

R. J.

D. N.

R. Jakin.

D. Donnez-moi le signe de Compagnon?

R. (on donne le signe).

D. Quand vous fûtes dans la chambre du milieu que vîtes-vous ?

R. Une grande lumière dans laquelle je crus apercevoir la lettre G.

D. Que signifie la lettre G ?

R. Plus grand que vous, Vénérable.

D. Qui peut-être plus grand que moi qui suis Maçon libre & Maître d'une Loge aussi bien composée ?

R. Elle signifie le nom de Dieu en Hébreu.

D. Comment voyage les Maîtres de votre Ordre ?

R. De l'Occident au Midi, du Midi au Septentrion, & du Septentrion à l'Orient.

D. Quels sont les principaux signes de la Maçonnerie ?

R. ils se réduisent à quatre, le Guttural, le Pectoral ; le Manuel ; & le Pédestre.

D. Que signifient-ils

R. 1°. Le Guttural sert à donner le signe d'Apprenti & à nous faire souvenir que nous méritons d'avoir la gorge coupée, si nous révélons le Secret des Maçons & de la Maçonnerie. 2°. Le Pectoral sert à donner le signe de Compagnon, & à marquer que nous le gardons dans le coeur. 3°. Le Manuel sert à donner l'attouchement au Frère. 4°. Le pédestre marque un Maçon exact à mettre ses pieds en équerre.

D. Avez-vous des Ornements ?

R. Oui Vénérable, trois ; le Pavé Mosaïque, l'Etoile flamboyante & la Houppe dentelée.

D. Quel était leur usage ?

R. Le Pavé Mosaïque couvrait le Temple ; l'Etoile flamboyante était au centre, & la Houppe dentelée bornait les extrémités.

D. Où gardez-vous le Secret des Maçons ?

R. Dans le coeur.

D. Y a-t-il une clef pour y entrer ?

R. Oui, Vénérable.

D. Où gardez-vous cette clef ?

R. Dans une Boëte en forme d'Arche, qui ne s'ouvre

& ne se ferme qu'avec des clefs d'ivoire.

D. De quel métal est cette clef ?

R. D'aucun : c'est une langue accoutumée aux bons rapports qui ne sait dire que du bien en l'absence comme en la présence des Frères.

D. Avez-vous vu votre Maître aujourd'hui ?

R. Oui Vénérable.

D. Comment était-il habillé ?

R. Or & Azur.

D. Pendant quel temps le servez-vous ?

R. Depuis le Lundi matin jusqu'au Samedi au soir.

D. Comment le servez-vous ?

R. Avec zèle, ferveur & liberté.

D. Que doit observer un bon Maçon ?

R. Quatre choses : le Silence, le Secret, la Prudence,

& la Charité envers ses Frères.

D. Que doit-il fuir ?

R. La médisance, la calomnie & l'intempérance

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans.

 

MAITRE

 

D. Etes-vous Maître Maçon ?

R. Très Vénérable, je le suis, éprouvez-moi ; ensuite approuvez-moi ; ou désapprouvez, si vous pouvez.

D. Où avez-vous été reçu Maître Maçon ?

R. Dans une Loge de Maître juste et parfaite.

D. Combien faut-il être pour composer une

telle Loge ?

R. Trois; savoir, un très respectable Maître, &

deux Vénérables Surveillants.

D. Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

R. De l'Equerre au Compas.

D. Sans doute que vous étiez reçu Apprenti & Compagnon ?

R. Jackin & booz me sont connus.

D. Et la Règle de trois vous est-elle aussi connue ?

R. Je l'entends, & la clef de toutes les Loges est à mon commandement.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Chercher ce qui était perdu.

D. Qui est-ce qui était perdu ?

R. La Parole du Maître.

D. Comment fut-elle perdue ?

R. Par trois grands coups, ou la mort d'Adoniram.

D. Comment notre très respectable Maître Adoniram fut-il assassiné ?

R. Par trois scélérats, qui projetèrent ensemble de lui arracher la parole ou la vie.

D. Comment reconnut-on l'endroit où notre très respectable Maître fut assassiné ?

R. Par une branche d'Acacia, que les Apprentis qui en avoient fait la recherche, mirent sur son tombeau.

D. Comment la Parole fut-elle recouvrée ?

R. Les Maîtres convinrent ensemble, que dans la crainte que la parole des Maîtres n'eut transpirée, que le premier signe qui serait marqué par l'attouchement que l'on ferait en le relevant, & la première parole qui serait

D. Etes-vous Maître Maçon ?

R. Très Vénérable, je le suis, éprouvez-moi ; ensuite approuvez-moi ; ou désapprouvez, si vous pouvez.

D. Où avez-vous été reçu Maître Maçon ?

R. Dans une Loge de Maître juste et parfaite.

D. Combien faut-il être pour composer une telle Loge ?

R. Trois; savoir, un très respectable Maître, & deux Vénérables Surveillants.

D. Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

R. De l'Equerre au Compas.

D. Sans doute que vous étiez reçu Apprenti & Compagnon ?

R. Jackin & booz me sont connus.

D. Et la Règle de trois vous est-elle aussi connue ?

R. Je l'entends, & la clef de toutes les Loges est à mon commandement.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Chercher ce qui était perdu.

D. Qui est-ce qui était perdu ?

R. La Parole du Maître.

D. Comment fut-elle perdue ?

R. Par trois grands coups, ou la mort d'Adoniram.

D. Comment notre très respectable Maître Adoniram fut-il assassiné ?

R. Par trois scélérats, qui projetèrent ensemble de lui arracher la parole ou la vie.

D. Comment reconnut-on l'endroit où notre très respectable Maître fut assassiné ? R. Par une branche d'Acacia, que les Apprentis qui en avoient fait la recherche, mirent sur son tombeau.

D. Comment la Parole fut-elle recouvrée ?

R. Les Maîtres convinrent ensemble, que dans la crainte que la parole des Maîtres n'eut transpirée, que le premier signe qui serait marqué par l'attouchement que l'on ferait en le relevant, & la première parole qui serait