Les Obligations d’un Franc-maçon

 

Les Obligations d’un Franc-maçon

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EXTRAIT

des antiques Archives des Loges

d’outre-mer, d’Angleterre, d’Écosse

et d’Irlande, pour l’usage des

Loges de Londres.

 

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A être lu

lors de la réception de nouveaux Frères

ou lorsque le maître l’ordonnera

 

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LONDRES

 

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Anno domini 1723

 

Année maçonnique 5723

 

 

 

 

I

 

DE DIEU ET DE LA RELIGION

 

Un Maçon est obligé, de par sa tenure, d'obéir à la Loi morale; et s'il entend correctement l'Art, il ne sera jamais un stupide ATHEE ni un LIBERTIN irréligieux. 

 

Mais, bien que dans les Temps anciens les Maçons étaient obligés, dans tous les pays, de suivre la religion de ce pays ou de cette nation, quelle qu'elle fut, il est considéré aujourd'hui plus expédient de ne les obliger seulement qu'envers la religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord, laissant à chacun ses opinions personnelles.

 

Cette religion consiste à être HOMMES BONS ET SINCERES, hommes d'honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou croyances qui peuvent les distinguer; par quoi la Maçonnerie deviendra le Centre de l'UNION et le moyen de concilier, par une amitié sincère, des gens qui auraient dû perpétuellement rester séparés.

 

II

 

DE L’AUTORITé CIVILE SUPERIEURE ET INFERIEURE

 

Un Maçon est toujours un sujet paisible, respectueux du pouvoir civil, dans quelque lieu qu’il réside ou travaille.  Il n'est jamais dans des conspirations ou des contre la paix et le bonheur,  ni ne se rebellera contre l'autorité inférieure, parce que la guerre, les effusions de sang et les troubles ont toujours été funestes à la Maçonnerie.

 

Ainsi, les anciens Rois et Princes ont toujours été disposés à protéger les membres de la corporation car leur tranquillité et leur fidélité, qui réfutaient pratiquement les calomnies de leurs adversaires, élevaient l'Honneur de la Fraternité, qui toujours prospéra en temps de paix.  De sorte que, si un Frère se rebellait contre l'État, il n'aurait pas à être soutenu dans son action.

 

Toutefois, il pourrait être plaint, comme un malheureux et s'il n'est convaincu d'aucun autre crime, bien que la fidèle Confrérie doive désavouer sa rébellion pour ne pas donner au gouvernement motif de mécontentement et éviter qu’il ne prenne ombrage, on ne peut l’exclure de la Loge, ses relations avec elle restant indissolubles.

 

 

III

 

DES LOGES

 

Une Loge est un endroit où des Maçons s’assemblent et travaillent : de là vient que cette assemblée, ou groupe, dûment constitué, de Maçons est appelé Loge.

 

Chaque Frère doit appartenir à une Loge et se soumettre non seulement à son règlement particulier, mais encore aux règlements généraux. 

 

Une Loge est PARTICULIERE OU GENERALE. La différence apparaîtra le plus clairement par leur fréquentation respective ou par l'étude des règlements de la Loge générale ou GRANDE LOGE, annexés au présent. 

 

Anciennement, ni les Maîtres ni les Compagnons ne pouvaient s'abstenir d'y paraître, surtout lorsqu'ils y avaient été convoqués, sans encourir un blâme sévère, à moins qu'ils justifiassent au Maître et aux Surveillants d'un empêchement sérieux.

 

Les personnes admises à faire partie d'une Loge doivent être des hommes bons et sincères, nés libres, d'âge mûr et sage, ni esclaves, ni femmes, ni hommes immoraux causant du scandale, mais seulement des hommes de bonne réputation.

 

IV

 

DES MAITRES, SURVEILLANTS, COMPAGNONS ET APPRENTIS

 

Tout avancement, parmi les Maçons, ne peut se fonder que sur la valeur et le mérite personnel, de telle manière que le « Maître » soit bien servi, que les Frères n'aient point à avoir honte et que la Maçonnerie ne soit pas méprisée. 

 

C'est pourquoi aucun Maître ou Surveillant ne sera élu en raison de son ancienneté, mais uniquement en considération de son mérite. Il est impossible de préciser toutes ces choses par écrit.  Chaque Frère doit être présent à sa place et les apprendre selon les méthodes particulières A LA MAÇONNERIE.

 

Que les CANDIDATS sachent seulement qu'aucun Maître ne peut agréer un Apprenti s'il n'a suffisamment d'ouvrage à lui donner et sans qu'il ne soit un jeune homme parfait, exempt de difformités ou de défauts physiques susceptibles de le rendre incapable de s'instruire dans l'ART, de servir le seigneur de son Maître, de devenir lui-même un FRERE, puis - en temps voulu - un Compagnon, après avoir accompli son terme d'apprentissage dans les conditions fixées par les coutumes du pays.

 

Il devra également être fils de parents honorables, afin que s'il s'en révèle digne, il puisse être appelé à l'honneur de devenir le Surveillant puis le Maître de la Loge, le Grand Surveillant et enfin le Grand Maître de toutes les Loges, selon la mesure de son mérite.

 

Aucun Frère ne peut être nommé SURVEILLANT avant d'avoir passé le compagnonnage, ni MAITRE avant qu'il n'ait été Surveillant, ni Grand Surveillant avant d'avoir été Maître, ni Grand Maître avant d'avoir été, antérieurement à son élection, un Compagnon, encore qu'il doive être de noble naissance, ou un homme éminemment distingué, ou encore un savant réputé, un architecte habile ou quelqu'autre artiste né de parents honorables et jouissant, par la valeur de ses mérites, de l'estime des Loges.

 

Et pour faciliter au Grand Maître l'accomplissement honorable des devoirs de son Office, il lui est accordé le pouvoir de choisir lui-même son adjoint (Deputy Grand Master) lequel doit être ou avoir été Maître d'une Loge particulière et a le privilège d'agir comme le Grand Maître, son supérieur, agirait lui-même, à moins qu'il ne soit présent ou ait manifesté sa volonté par écrit.

 

Ces Maîtres et Gouverneurs suprêmes et subordonnés de l'ancienne Loge ont à être obéis dans leurs fonctions respectives par tous les Frères, conformément aux Anciens Devoirs et Règlements, avec humilité, respect, affection et empressement.

 

 

V

 

DE LA CONDUITE DES MAÇONS DANS LE TRAVAIL

 

Chaque Maçon travaillera honnêtement pendant les jours ouvrables, afin de pouvoir vivre honorablement les jours de fêtes; le temps prescrit dans chaque pays ou confirmé par l'usage sera respecté.

 

Le plus expert des Compagnons sera élu ou nommé Maître, ou encore Inspecteur des Travaux et ceux qui travaillent sous ses ordres l'appelleront Maître.

 

Les ouvriers auront à éviter tout discours déshonnête, à ne pas s'interpeller par des noms désobligeants mais par ceux de Frère ou Compagnon et se comporter civilement, aussi bien à l'intérieur de la loge qu'au dehors.

 

Le Maître, conscient de son habileté, se chargera du travail dans les conditions les plus raisonnables et usera des matériaux comme s'ils étaient son propre bien. Il ne donnera à aucun compagnon ou apprenti un salaire supérieur à celui qu'il a réellement mérité.

 

Le Maître et les Maçons recevront équitablement leurs salaires, ils seront fidèles à celui qui les emploie, exécuteront loyalement leur travail, à la tâche ou à la journée, mais ils ne doivent pas entreprendre à la tâche ce qu'il est d'usage de faire à la journée.

 

Nul ne se sentira jaloux de la prospérité d'un autre Frère, ne cherchera à le supplanter ou de le faire écarter de son travail, s'il est capable de l'exécuter, car nul ne peut achever le travail entrepris par un autre, dans des conditions également avantageuses, pour celui auquel il est destiné s'il n'est parfaitement instruit des projets et plans de celui qui l'a commencé.

 

Lorsqu'un Compagnon est élu Surveillant de travaux, en-dessous du Maître, il devra être franc à l'égard du Maître comme des Compagnons, surveiller attentivement les travaux en l'absence du Maître, et ses frères lui obéiront.

 

Tous les Maçons accepteront sagement leur salaire, sans murmures ni révoltes et ils n'abandonneront pas le Maître avant que le travail ne soit terminé.

 

Les jeunes Frères doivent être instruits dans le travail, afin d'empêcher que par inexpérience ils ne gaspillent les matériaux et pour accroître et consolider en eux l'amour fraternel.

 

Tous les outils utilisés pour le travail doivent être approuvés par la Grande Loge.

 

Aucun manœuvre ne doit être employé au travail proprement dit de la maçonnerie, de même les Franc-maçons ne doivent pas, sans urgente nécessité, travailler avec ceux qui ne sont pas «libres» ils n'enseigneront pas aux manœuvres et Maçons « non acceptés » ce qu'ils doivent s'enseigner mutuellement.

 

VI

 

DE LA CONDUITE

 

 

1° - DANS LA LOGE, LORSQU'ELLE EST CONSTITUÉE...

 

Vous ne devez pas:

·  former des groupes particuliers ou tenir des conversations séparées sans la permission du Maître;

·  parler de choses inconvenantes ou tenir des propos impertinents;

·  interrompre le Maître, les Surveillants ou aucun Frère s'entretenant avec le Maître;

·  vous comporter vous-même, en plaisantant, d'une façon risible pendant que la Loge est engagée dans ce qui est sérieux et solennel;

·  user, sous quelque prétexte que ce soit, d'un langage malséant;

·  mais vous devez témoigner à votre Maître, vos Surveillants et vos Frères le respect qui leur est dû et le manifester intensément.

 

Si une plainte était formulée, le Frère reconnu coupable se soumettra au jugement et à la décision de la Loge, qui est la juridiction propre et compétente pour de semblables différents (à moins que vous n’en saisissiez par voie d'Appel la Grande Loge) et devant laquelle ils doivent être portés, à moins qu'il en résulte une interruption de travail, auquel cas une procédure particulière peut être ordonnée.  En tout état de cause vous ne devez jamais aller en justice pour ce qui concerne la Maçonnerie, sans que la Loge n'en ait reconnu l'absolue nécessité.

 

2° - APRÈS QUE LA LOGE EST CLOSE, MAIS ALORS QUE LES FRÈRES NE SE SONT PAS ENCORE RETIRÉS…

 

Vous pouvez vous réjouir d'innocente gaieté et vous « traiter » mutuellement suivant vos moyens, mais évitez les excès, n’obligez point un Frère de boire ou de manger plus qu'il ne le désire, ne l'empêchez point de se retirer si quelque circonstance le rappelle, ne faites ni ne dites rien qui puisse être blessant ou qu'interdise une conversation paisible et libre, car cela romprait notre bonne entente et détruirait nos louables buts.

 

C'est pourquoi les animosités personnelles et les querelles privées ne doivent pas franchir la Porte de la Loge, ni - à plus forte raison encore - les discussions religieuses, nationales ou politiques.

 

Nous sommes, en tant que Maçon, de la religion universelle susmentionnée, nous sommes également de toutes nations, de tous idiomes, de toutes parentés, de tous langages et résolument adversaires de toute politique, celle-ci n'ayant jamais été et ne pouvant jamais être que funeste au bien des Loges.

 

Cette Obligation a de tous temps été strictement imposée et observée, mais spécialement depuis la Réforme en Grande-Bretagne ou depuis que les nations britanniques se sont retirées et séparées de la communion romaine.

 

3° - LORSOUE DES FRÈRES SE RENCONTRENT, SANS QU'UN PROFANE SOIT PRÉSENT, MAIS EN DEHORS D'UNE LOGE…

 

Vous avez à vous saluer courtoisement, comme on vous l'a appris, vous appelant mutuellement Frère, vous communiquant franchement les renseignements qui vous sembleront utiles, pourvu que vous ne soyez pas observé et ne puissiez être entendu, et sans empiètement sur quiconque ou manquement au respect auquel un Frère aurait droit, même s'il n'était pas Maçon.

 

Bien que tous les Maçons soient Frères et sur le même Niveau, la Maçonnerie n'enlève point à un homme les honneurs dont il jouissait avant d'en faire partie; qui plus est, elle ajoute à ses honneurs, spécialement lorsqu'il a bien servi la Confrérie, laquelle se doit d'honorer ceux à qui l'honneur est dû et éviter les méchantes manières.

 

4°... EN PRÉSENCE DE PROFANES :

 

Vous serez circonspect dans vos paroles et dans votre maintien, de telle manière que l'étranger le plus clairvoyant ne puisse découvrir ou deviner ce qu'il n'est pas bon qu'il sache; et parfois vous aurez à détourner la conversation et à la diriger prudemment, à l'honneur de notre respectable Fraternité.

 

5°... DANS VOTRE MAISON ET DANS VOTRE VOISINAGE

 

Vous devez vous conduire comme il convient à un homme éclairé et moral, notamment: ne pas entretenir votre famille, vos amis et vos voisins des affaires de la Loge, etc., mais sagement ne pas perdre de vue notre honneur et celui de notre ancienne Confrérie, et cela pour des raisons qui n'ont pas à être mentionnées ici.

 

Vous devez, de même, ne pas négliger vos intérêts en restant trop longtemps absent de chez vous, après les heures de Loge et gardez-vous de l'ivresse ou de la gloutonnerie, que votre famille ne soit ni blessée ni négligée, ni vous-même, incapable de travailler.

 

6°...ENVERS UN FRÈRE ÉTRANGER

 

Vous aurez à le questionner avec circonspection, de là manière que la prudence vous dictera, afin que vous ne vous en laissiez pas imposer par un ignorant faux prétendant, que vous aurez à repousser avec mépris et dérision. Prenez garde de ne lui donner aucune Lumière.

 

Mais, si vous acquérez la certitude qu'il S'agit d'un Frère véritable et régulier, vous aurez à le traiter en conséquence et s'il est dans le besoin, vous lui porterez secours, si vous le pouvez, ou lui indiquerez le moyen d'obtenir de l'aide. 

 

Vous devez l'employer quelques jours ou autrement lui procurer quelque travail. Toutefois, vous n'êtes pas tenu de faire plus que vous ne le pouvez, mais seulement de donner la préférence à un Frère pauvre, qui est brave homme et sincère, sur toute autre personne se trouvant dans une identique situation.

 

Enfin, vous avez à vous conformer à toutes ces OBLIGATIONS, ainsi qu'à celles qui vous seront communiquées D'UNE AUTRE MANIERE.

 

Vous cultiverez l'amour fraternel, qui est la base, la pierre angulaire, le CIMENT et LA GLOIRE de notre vieille Confrérie.

 

Evitez toute dispute ou querelle, repoussez toute médisance ou calomnie. Ne permettez point qu’en votre présence on médise d'un Frère estimable, mais défendez son caractère, rendez-lui service dans la mesure que le permettent votre Honneur et votre Sécurité, mais non Plus loin.

 

Si l'un de vos Frères vous porte préjudice, vous en référerez à votre Loge ou à la sienne, et de là vous en pouvez appeler à la Grande Loge, lors de l'Assemblée trimestrielle, et enfin à la Grande Loge annuelle, ainsi que le permet la louable coutume observée, de tous temps et dans tous les pays, par nos ancêtres.

 

N'engagez jamais un procès que si le différend ne peut vraiment être réglé d'une autre manière et écoutez avec patience les avis impartiaux et fraternels de votre Maître et des Compagnons, lorsqu'ils essayent d'éviter votre comparution en justice avec des profanes ou lorsqu'il n'en peut être autrement, vous incitent à hâter le procès de manière à pouvoir revenir aux affaires de la Maçonnerie avec le plus de diligence et de succès.

 

S'il s'élevait une contestation entre Frères, le Maître et les Compagnons, avec le concours de ceux d'entre eux qui sont versés dans le droit, offriront leur médiation, que les parties en cause accepteront avec reconnaissance.

 

S'il n'en résultait point une solution praticable et que le procès ne pourrait être évité, les Frères le poursuivront sans haine ni rancœur (autrement qu'il est de coutume), n'entreprenant ni ne disant rien qui soit incompatible avec l'amour fraternel et susceptible de rompre les bons rapports qui doivent unir deux Frères, afin que chacun puisse juger de l'influence bienfaisante de la Maçonnerie et voir comment tous les vrais Maçons ont agi depuis le commencement du monde et agiront jusqu'à la fin des temps.

 

 

                                                            AMEN, AINSI SOIT-IL.